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Budget 2026 de l’Action extérieure de l’État : une diplomatie affaiblie, des Français·es de l’étranger sacrifié·es

J’ai pris la parole dans l’hémicycle du Sénat, au nom du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires, lors de l’examen du budget 2026 de la mission Action extérieure de l’État, qui concentre notamment les crédits destinés aux Françaises et Français de l’étranger.

Notre constat est sans appel : nous ne pouvions pas voter ce budget, tant il acte un affaiblissement dangereux de notre capacité d’action internationale et un désengagement massif à l’égard de nos compatriotes hors de France.

🌍 Une diplomatie affaiblie dans un monde en crise

Alors que le monde traverse l’une des périodes géopolitiques les plus instables depuis des décennies — retour de Donald Trump, guerre russe en Ukraine, poursuite du génocide à Gaza, montée des régimes autoritaires et effondrement du multilatéralisme — la France reste spectatrice.

Le gouvernement prétend « réarmer » la diplomatie mais, dans les faits, le budget stagne. En tenant compte de l’inflation, il baisse réellement.

Le programme 105 affiche +1,8 %, mais cette hausse est quasiment entièrement absorbée par les pensions civiles.
Aucune création de poste, aucune capacité renforcée, aucune traduction de la promesse présidentielle.

Dans un monde en feu, c’est un choix incompréhensible — et dangereux.

🎓 AEFE : privatisation rampante et hausse annoncée des frais de scolarité

L’AEFE, pilier de l’enseignement français à l’étranger, voit sa subvention chuter à son plus bas niveau depuis 2009.
Cette politique entraîne :

  • une privatisation rampante du réseau,

  • des hausses mécaniques des frais d’écolage,

  • une fragilisation de la qualité pédagogique,

  • un recul de l’accessibilité sociale.

Les frais de scolarité ont déjà augmenté de 40 % en dix ans. La réforme en cours ne fera qu’accélérer ces hausses, au détriment de milliers de familles.

Nous avons déposé des amendements pour augmenter la subvention, protéger les personnels, consolider les établissements en gestion direct et renforcer les bourses, mais nous savons que cela ne suffira pas sans changement de cap.

Français de l’étranger : toujours plus de sacrifices

Le programme 151 se contracte encore :

  • 7 millions d’euros en moins pour les bourses,

  • une action sociale stagnante,

  • des aides consulaires insuffisantes,

  • des procédures trop complexes.

15 millions d’euros pour 3 millions de Français, soit 5 euros par personne et par an.
C’est dérisoire.

Et la situation dramatique de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) n’est toujours pas traitée. La CFE est au bord de l’asphyxie, et aucune dotation d’urgence n’est prévue.

Nos solutions existent — fléchage de la Cotam, fraction de CSG, micro-taxe sur les billets internationaux — mais tout est refusé.

Une action extérieure qui ignore climat et droits humains

Ce budget reste aveugle aux enjeux climatiques, alors que la diplomatie devrait être un levier majeur face à l’échec de Bélem et de la COP30.
Il passe également sous silence les engagements en matière de diplomatie féministe et de protection des droits humains.

Un budget incohérent et dangereux

Ce budget illustre une contradiction constante :
le gouvernement affirme vouloir une action extérieure forte, mais supprime les moyens nécessaires pour la mener.

Sans ces moyens, impossible de :

  • protéger nos compatriotes,

  • garantir la solidarité nationale,

  • assurer l’accès à l’éducation,

  • défendre une diplomatie moderne, sociale, écologique et féministe.

C’est pourquoi notre groupe a voté contre les crédits de la mission.

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Pour aller plus loin retrouvez nos propositions pour le Budget 2026 pour les Français·es de l’étranger.

Nos propositions pour les Français·es de l'étranger 2026